Après le "Travailler plus pour gagner plus", le gouvernement Sarkozy veut imposer le "Travailler plus longtemps pour...".
Il est vrai que depuis quelques mandatures, ce sujet est murmuré avec toute la frilosité qui s'impose sans qu'aucun véritable projet de loi soit validé. La posture du petit chat qui se mord la queue est identique au problème soulevé par le traitement du régime des retraites.
- Le régime général accuse un déficit de 8 milliards d'euros.
- Le rapport démographique est toujours en chute
- L'espérance de vie est toujours en progression
- Seulement 35% des seniors ont un emploi
- 21,1% des jeunes sont aux chômages
Ces cinq points sont vraiment la source de l'imbroglio dans lequel se trouve le traitement du régime des retraites. La solution de facilité invoquée par François Fillon lorsqu'il déclare : Il n'y a pas d'autres solutions pour sauver nos régimes de retraites que de travailler plus longtemps, pose le problème de l'emploi des seniors dans les entreprises et pénalise l'emploi des jeunes.
Quel employeur voudra recruter demain un salarié de 62 ans ? Quand bien même le gouvernement mettrait en place des facilités d'embauche, cela grèverait aussi un autre ministère. Déshabiller Paul pour habiller Jean n'est pas la meilleure façon de gérer une économie bancale.
Nicolas Sarkozy, n'a de cesse de clamer l'exemplarité de la France dans de nombreux domaines, sur ce sujet il met en avant les modèles européens pour faire avaler sa réforme. L'Allemagne, n'est pas que je sache un modèle en matière de protection sociale et la fragilité de son système de retraite met en avant les carences de cette gestion.
Lorsque François Fillon appelle à la solidarité nationale et déclare qu'il n'y a pas d'autres solutions, il écarte d'un revers de manche l'augmentation du taux de cotisation. Sur ce sujet, ne consulter que les partenaires sociaux qui ne représentent que 8,2% des salariés est un raccourci assez peu représentatif du monde du travail mais cela ferait bien l'affaire du gouvernement.
Une consultation des Français par référendum serait la méthode la plus démocratique pour régler une fois pour toute la réglementation du régime des retraites. Nicolas Sarkozy avait déclaré dans son premier discours de politique générale qu'il consulterait le peuple sur les grands dossiers, l'heure est venue de traduire cette promesse en réalité.