Pas moins de cinq coups de téléphone ce matin pour me demander où j'étais, ce que je faisais et pourquoi je n'étais pas à la manifestation sur la réforme des retraites. En résumé, les conversations :
- Savidan t'es où ?
- Au boulot pourquoi ?
- Pourquoi t'es pas à la manif ? Pour taquiner, je réponds quelle manif' histoire d'enlever la pression à la question angoissée de l'interlocuteur. A deux reprises la réponse a été t'es trop con. Je revendique sans ambigüité cette vérité.
- Mais pourtant t'es de gauche...
- Et alors tous les mecs de gauche sont dans la rue aujourd'hui ?
Autant je respecte le manifestant qui s'investit dans un mouvement social avec pleines et entières convictions autant je déteste, l'abruti qui pour une fois de sa vie va battre le pavé pour être vu parce qu'il faut être vu.
A ces respectueuses andouilles qui pensaient que j'allais être à la manif', je réponds que je manifeste tous les jours sur ce Carnet de notes et que je n'attends pas les ordres des organisations syndicales pour hurler mon mécontentement.
Depuis le début de l'année, j'ai pondu plus de 200 billets où je vocifère contre ce gouvernement et la politique de Nicolas Sarkozy. Je porte tous les jours ici mon petit fanion et récite mon petit slogan d'une manière qui me convient et en toute liberté. C'est justement au titre de cette liberté que je me donne le droit ou pas d'aller dans les cortèges. Il serait également élégant que ces étiquetés défenseurs des libertés pratiquent ce respect sans autre forme de jugement.
C'est clair ? Bordel !




