43%, plus d'un jeune sur trois n'a pas d'emploi dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Ces résultats sont consternants.
Faut-il être étonné par ce constat ?
Lors de sa deuxième mandature Jacques Chirac a fermé le robinet des centres de formation privés qui servaient de point de relais entre l'école et le monde du travail. Les objectifs de ces associations étaient d'aider à l'orientation professionnelle, de faciliter la mise en relation entre employeurs et jeunes en recherche d'emploi et d'accompagner le bénéficiaire dans sa période probatoire. Dans le même temps, ce gouvernement Chirac a fermé bon nombre de vannes des centres de formation AFPA.
Parallèlement, aucun travail de prospective n'a été effectué par les ministères du travail successifs sur les nouveaux viviers de métiers, capables d'intéresser les jeunes à la sortie d'une scolarité parfois difficile.
Baisse de crédit et objectifs réduits donnent aujourd'hui ce constat dramatique. Le gouvernement Sarkozy ne fait guère mieux que son prédécesseur dans ce domaine. Avec l'annonce de la suppression de 1100 postes à Pôle Emploi dans les mois qui viennent, c'est encore un autre élément du puzzle qui se perd.
Il est alors facile pour les gouvernants d'accuser et de mettre des noms sur les auteurs de la délinquance et de l'économie parallèle. Ces adolescents sont à 25% issus de familles monoparentales. L'absence du père et donc de repère est un élément important dans l'apprentissage de la vie.
Le ministre de l'Intérieur pourra envoyer toutes les forces de sécurité qu'il veut pour rétablir un ordre républicain dans ces quartiers. Ce n'est certainement pas à coups de matraque et à jets de gaz lacrimogènes que la solution de ces zones trouvera une réponse appropriée.
Tant que des crédits à l'apprentissage, à la formation, à l'orientation ne seront pas posés sur la table, le désarroi continuera à hanter ces points sensibles.
C'est le seul challenge important de Maurice Leroy, le nouveau ministre de la Ville. Gageons qu'il en prenne la mesure et que son autorité lui en donne largement les moyens.




