Lorsque le parti représentant la majorité présidentielle est obligé de flirter sur l'air du Dernier Tango à Paris avec l'extrême droite, la chose est grave.
N'allez pas penser à la lecture de ce billet que je me réjouisse un seul instant (hypocrisie), tout comme mes potes gauchistes de ce qui se passe au sein de l'UMP dans son positionnement par rapport au parti d'extrême droite pour le second tour des cantonales.
Mes copains de droite vont aimablement me rappeler que la gauche n'est pas exempte de divisions dans ses propres rangs et ils auront bien raison.
En tous les cas, la cacophonie est aujourd'hui à tous les étages de l'UMP.
Nicolas Sarkozy : Il n'y aura pas d'infléchissement de la ligne officielle. Ni vote pour le Front national ni vote pour la gauche en cas de duels PS-FN au second tour. En conclusion : abstention...C'est du jamais vu dans l'hsitoire de la cinquième république.
François Fillon : Voter contre le Front national en cas de duel PS-FN au second tour des élections cantonales. Puis se rendant compte de sa première bavure Nous n'avons pas à contraindre nos électeurs à mêler leurs voix à celles de l'extrême gauche. Etonnant cette parole de Premier ministre qui inviterait aussi son électorat à s'abstenir ou à voter blanc.
Valérie Pécresse déclare qu'elle voterait pour le candidat socialiste en cas de duel avec le FN.
Jean-Louis Borloo, appelle à faire barrage au FN.
Jean François Copé recadre un peu le débat en rappelant que les électeurs de droite ne sont pas que des moutons. Il préfère parler de liberté de choix.
Le secrétaire général adjoint de l’UMP, Marc-Philippe Daubresse se projette dans l'avenir si le FN se qualifie au second tour de la présidentielle, là il faut faire un front républicain. Pour les cantonales il reste plus directif en déclarant il n’y a pas de péril pour la République.
La parole d'Henri Guaino est encore plus confuse Moi, je voterais pour le candidat qui n'est pas FN mais je suis tout à fait opposé à ce que l'on appelle le front républicain.
Je ne vais pas m'amuser à passer en revue ici les déclarations toutes aussi contradictoires les unes que les autres sur les consignes de vote du second tour.
Pour ma part, je n'ai jamais écouté le chant des sirènes qui voulaient orienter mes décisions. Le vote est un choix personnel et nul n'est propiétaire de son électorat.
Le mot de la fin revient à un député de l'Ouest [non ce n'est pas Marc Le Fur, il est incapable d'une telle logique], On est tellement obsédé par le FN qu'on prend des décisions qui nous reviennent dans la figure. Sur le plan des valeurs, cette course à l'échalote avec Marine Le Pen me gêne.
A force de surfer avec l'idéologie de l'extrême droite, l'UMP se trouve désormais enferrée dans un imbroglio qui pourrait la faire imploser.
Ca s'arrose non ?




