Tour de France : un exemple de popularité
Alors que les coureurs du Tour de France vont débouler en trombe sur les Champs-Elysés après être passés au Kremlin Bicêtre ou une joyeuse bande de supporters les attendra Volvic à la main, il me plait assez ce matin de me pencher sur ce véritable succès populaire remporté par cette compétition cycliste et tracer le parallèle avec les manifestations politiques.
Il n'est pas étonnant de constater que les candidats aux présidentielles viennent sur une étape pour se montrer. Leur démarche devrait pourtant être tout autre. Ils devraient s'interroger sur le succès fédérateur de ce peloton afin d'extraire les qualités premières de ces valeureux sportifs et s'en servir dans leur quotidien. De tous les rassemblements populaires, seuls ceux consacrés à la politique connaissent une fréquentation intimiste. Et pourtant, tout comme le Tour de France, ils sont gratuits d'accès, ils sont parfois retransmis à la télévision mais ils peinent à rassembler et à fédérer.
Alors, je conçois très bien qu'il est complètement idiot de comparer un coureur du Tour de France à un homme politique. Cela peut même sembler ridicule. Il n'empêche que si un débat télévisé rasssemblait plus de 8 millions de télespectateurs et remplissait le Stade de France, l'intérêt des Français pour la vie politique du pays serait tout autre. Hélas, ce n'est pas encore pour demain.
Il est vrai qu'un Thomas Voeckler ne posera pas demain dans la presse people. Il a vaillamment fait son boulot et donné de grandes bouffées d'espoirs et de rêves à un peuple en désespérance. C'est déjà ça mais c'est énorme. il est vrai aussi que lorsque les leaders sont dans les montagnes, ils s'intéressent aux cols du Galibier, du Tourmalet et très peu aux jolies spectatrices qui les encouragent.
Il est également vrai aussi que lorsqu'ils font la promesse d'attaquer de front une difficulté, s'ils manquent à leurs paroles, ils se retrouvent rapidement dans le grupetto ou dans la voiture balais. Le politique trouve toujours la parade pour accuser çi, ça ou l'autre ou le vent pour expliquer sa défaite. Mais le public n'est plus dupe et ne croit plus aux vaines promesses.
Enfin, le coureur du Tour de France ne fait pas tous ces efforts pour l'argent. A titre de comparaison la masse salariale des 480 coureurs de l'UCI (Union cycliste internationale) est l'équivalent de la masse salariale de l'Olympique Lyonnais.
Encore une fois, il serait souhaitable que pour 2012, les maillots roses fassent ensemble les bordures et ne se comportent pas comme les frères Schleck, qui n'ont fait qu'attendre les défaillances des uns et des autres pour se placer. Qu'ils prennent enfin exemple sur la combativité d'un Cadel Evans pour endosser le maillot jaune de l'Elysée.
Vive le Tour !




