Cela fait déjà quelques temps que je zappe les débats télévisés.
Si le tube était encore dans nos téléviseurs, le titre de ce billet pourrait être : Ca ronronne ches les cathodiques.
Le côté trop consensuel, policé, réservé, de ces pseudo-joutes verbales m'ennuient au plus haut point.
Visiblement, je ne suis pas le seul à trouver ces émissions bien soporifiques.
Au final, chaque partisan est très satisfait de la prestation de son représentant et tout le monde repart content en se disant qu'il a marqué des points face à l'adversaire. Hors, il n'en est absolument rien, puisque le débat, on le constate à chaque fois, a été orchestré de la même manière depuis des siècles et des siècles, ainsi soit-il.
Le représentant du parti au pouvoir ne va cesser de vanter le bilan de son chef, tandis que son opposant va passer le quinquennat du dirigeant en place à la moulinette, tout en y opposant le programme de son chef à lui.
Et alors ?
Chacun le sait, le politiquement correct est de mise dans ces débats. Les affaires qui empoisonnent ne sont pas traitées en profondeur. L'on reste en permanence sur un débat de surface, sans jamais étudier un problème de fond. C'est à celui ou celle, qui trouvera la meilleure formule, le meilleur trait d'humour, la meilleure petite vacherie, censée déstabiliser l'adversaire.
Les militants :
— Oh, il a été bon sur ce coup-là, elle est restée sur le carreau.
L'autre d'en face : — Il lui a cloué le bec, elle ne savait plus où se mettre.
Ce n'est pas avec ces émissions que les abstentionnistes vont trouver un quelconque intérêt à se rendre aux urnes. Le produit d'appel est bien trop mièvre pour trouver de l'intérêt à leurs yeux. Ils n'ont pas tort.
L'indécis quant à lui, le sera encore jusqu'à la fin du débat.
Si l'objet de ces prime times est d'occuper l'espace télévisuel, c'est une réussite. Si l'intérêt est d'informer, d'engager de véritables réflexions sur des projets politiques, c'est un fiasco total.
Le concept de cette télévision à la papa, est vraiment éculé. Il serait grand temps, que créateurs et programmateurs mettent en place, une autre interactivité, un autre ton et innovent enfin vers des modèles plus intelligents.
Des paroles et des actes porte bien son nom. Des idées et des actes serait beaucoup mieux.