Selon une récente étude publiée par le Bureau américain du recensement (Census Bureau), le nombre de seniors de plus de 65 ans devrait s’élever à 1.3 milliard d’ici 2040. Ainsi, dans un peu plus de trente ans, les 65 ans et plus seront –pour la première fois dans l’histoire de l’humanité- plus nombreux que les enfants de moins de 5 ans.
Voilà des chiffres qui doivent rassurer celles et ceux qui craignent un jour de passer l'arme à gauche. En tout état de cause, cela soulève chez moi un débat intérieur que je souhaite ici partager. Non pressé de bouffer les pissenlits par la racine, je m'inquiète toutefois de ce que pourrait devenir ma vieillerie. Si j'écoutais le corps médical puisqu'il faut bien le nommer ainsi, je ne devrais ni fumer ni boire, ni manger gras.
En suivant scrupuleusement ces trois recommandations, je pourrais avoir plus de chances de passer au travers du champ de mines représenté par le cancer sous toutes ces formes, de l'infarctus, du diabète, des lésions cérébrales, j'en passe et des meilleurs. Les services de santé officiels, ne mesurent pas encore les effets nocifs de la putasserie d'usine à fabriquer des cochons qui m'agresse les voies respiratoires tous les jours mais économie locale oblige...
Ce modèle de futur petit vieux une fois tracé doit normalement me mener vers des vertes années de joies et de plénitude. Avec la petite pilule , je peux même espérer avoir un petit orgasme hebdomadaire, petit parce qu'il faudrait malgré tout ménager le palpitant qui lui non plus n'aura plus vingt piges.
Lorsqu'il trace cette carte du tendre mon toubib occulte complètement qu'à l'insu de mon plein gré je puisse être bourré d'arthrose, atteint de la maladie de Parkinson ou rattrapé par Alzheimer. Il fait fi également d'un accident ménager, de voiture, d'avion ou même d'une mauvaise chute qui mènerait ma vieille carcasse dans un fauteuil roulant. Mais avec tout cela, je serais malgré tout dans la tranche des seniors qui peupleraient l'humanité et donc pour une fois dans les bonnes statistiques.
Le Maire de mon village viendrait avec son adjoint aux affaires sociales me souhaiter tous les ans, une bonne année, hypocrite qu'il serait puisqu'un droit de préemption serait posé sur ma maison dans l'hypothèse ou je n'aurais pas encore rejoint une unité spécialisé genre Gouyette (voir Les vieux de la vieille).
Face à ces toutes ces hypothèses alarmistes et d'une cruelle fatalité pour le petit vieux que je ne souhaite pas devenir, je continue à préférer la vie, la vraie, et non celle aseptisée des spécialistes de ceci et de cela.
La vie est faite pour rire et pour aimer alors j'aime et je me marre, pour le reste je m'arrange !




