Une fois n'est pas coutume, je vais vous conter une histoire de voisinage et de bistro. Cette modeste chronique serait peut-être digne de figurer dans Partageons mes apéros mais je n'ai pas le talent du taulier de ce blog.
En tous les cas, tout cela commence il y a un mois Phil, appelons-le comme ça pour la confidentialité et au cas où il lise ces lignes. Phil donc, vient d'appendre par une rumeur que sa gonzesse aurait une liaison avec un jeunot. Le soir au bistro, il nous en fait tout un patacaisse en la traitant de pouf, de salope, enfin tous les noms d'oiseaux qui figurent au dictionnaire des cocus. Avec les copains, nous essayons de le rassurer sans conviction mais non tout le monde ne lui passe pas dessus, Ginette, il feint de nous croire...
Huit jours plus tard à l'heure du pastis, il revient la mine défaite je suis sûr que Ginette se tape le p'tit con. Au comptoir nous commençons à voir rouge. Avec ces jérémiades, impossible de continuer la conversation sur le match truqué de la veille, tandis que l'autre se lamente à l'autre bout du zinc ça va maintenant Phil, jusque là on a été aimable mais on ne voit pas pourquoi elle irait avec ce gamin, il n'est même pas capable de faire un joint (il est maçon) et ta Ginette c'est quand même du calibre de premier choix [hypocrisie évidente]. Une fois de plus nous essayons de lui remonter le moral et pour le coup, il est plus joyeux après 12 pastis en quittant le troquet.
C'est la semaine d'après que ça a tourné vinaigre. Avec sa mine de cocker des grands jours, il s'est installé tout seul à une table en nous disant que sa quincaillerie ne marchait plus et qu'il n'avait plus de goût à rien parce que la rumeur gonflait. Je ne sais pas pourquoi, j'ai eu les nerfs, un coup de surchauffe sûrement . Phil, tu commences à nous les briser menu-menu avec ta Ginette, il est temps de te dire ce que l'on en pense. Primo, c'est une grande sauterelle, plate comme une limande et secondo, même si les grandes cheminées tirent bien, elle n'a eu que des branques comme toi pour s'intéresser à elle.
Ma plaidoirie a été révélatrice et bénéfique, puisque dès le lendemain Ginette venait au bistro à la place de Phil pour nous expliquer que cette rumeur ne touchait pas leur couple, qu'ils s'en fichaient, que l'amour était plus fort que tout et patati et les violons et que tout cela était le quotidien qu'un petit couple de province devait pouvoir gérer, ce qu'ils faisaient très bien par ailleurs.
L'affaire était donc close quand hier soir, Phil est venu au bar pour nous servir la même sérénade que sa gonzesse. Et l'amour et le vent et ses yeux et son cul... Là encore, je suis sorti de mes gongs Phil tu commences à nous emmerder avec tes histoires de gonzesse, tu fais tourner ta quincaillerie, c'est tout ce que l'on te demande !
Evidemment si certaines mauvaises langues s'amusaient à faire un parallèle avec des évènements qui auraient pu exister dans l'histoire de France, la comparaison serait complètement infondée et sans aucune volonté de la part du blogueur que je suis.




