Le front de nos adversaires sera étendu. De l'extrême gauche à l'extrême droite, ils seront tous contre nous. Voilà une phrase hautement philosophique qui fera florès dans l'histoire des citations politiques. Elle est signée François Fillon qui, en bon chef de meute tenait tribune devant les parlementaires de la majorité présidentielle.
Il est à se demander si, "notre" bon premier ministre tombe de la lune lorsqu'il découvre cette si évidente logique d'une bataille électorale. Cher François Fillon, sachez qu'il est tout à fait normal et ce depuis des siècles et des siècles (ainsi soit-il), que lorsque l'on est positionné au centre, l'extrême gauche et l'extrême droite s'opposent à votre politique. C'est implacable !
Malgré tout, cette phrase n'est pas si anodine qu'elle puisse sembler. Elle vise dans un premier temps Dominique de Villepin mais aussi Jean-Louis Borloo qui pourrait avoir des envies de vengeance, puis Hervé Morin et quelques députés UMP qui, las de la politique menée par le gouvernement seraient tentés de faire le grand saut.
En plaçant le curseur entre les deux extrêmes, François Fillon, sans les nommer vise aussi, celles et ceux qui manqueraient de fidélité à Nicolas Sarkozy. La campagne pour les présidentielles est bel et bien lancée dans les rangs de la droite et la question de la candidature du chef de l'Etat ne se pose même plus.
Le Premier ministre a beau jeu d'ironiser sur les primaires au Parti socialiste [...] nous ne sommes pas condamnés, nous, à improviser des primaires. Avec un telle déclaration, sous ses faux airs de chien battu, je ne suis pas persuadé que François Fillon n'outrepasse pas ses fonctions ministérielles en entrant dans la petite guerre des phrases mesquines alors que la campagne officielle n'est pas proclamée. Et quand bien même.
Jusqu'aux prochaines échéances, les français attendent seulement qu'il fasse son boulot et qu'il ne s'occupe que des affaires dont il a la charge. Tout le reste, n'est que politique de bas niveau et ne démontre pas une quelconque volonté d'aller de l'avant pour une sortie de crise promise mais qui se fait attendre.




