Un impôt est un prélèvement obligatoire qui finance l’ensemble des dépenses publiques, sans contrepartie directe pour celui qui le paie. Une taxe est elle aussi obligatoire, mais elle est perçue à l’occasion d’un service public, sans que son montant corresponde au coût de ce service.
Dans le langage courant, taxes et impôts se confondent, et le droit lui-même brouille la frontière : de nombreux impôts portent le nom de taxe. Voici les définitions, le critère qui permet de trancher et des exemples de prélèvements du quotidien.
Qu’est-ce qu’un impôt ? La définition en droit fiscal
Un impôt est une somme que l’administration prélève sur les particuliers et les entreprises pour financer les dépenses de l’État et des collectivités. Il est exigé de tous ceux qui entrent dans son champ d’application, sans service précis en échange.
Ce que vous payez n’est donc pas affecté à une dépense particulière : l’impôt sur le revenu finance aussi bien l’école que la justice ou les routes. Les règles de calcul (assiette, taux, modalités de recouvrement) sont fixées par la loi, jamais par l’administration seule.
Qu’est-ce qu’une taxe ? Un prélèvement lié à un service
Une taxe est payée parce qu’un service public existe ou est utilisé. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères en est l’exemple le plus parlant : elle finance la collecte des déchets de la commune.
Son montant n’est pas le prix du service. Deux foyers peuvent payer des sommes très différentes pour la même collecte, et un contribuable doit la taxe même s’il ne sort jamais ses poubelles. C’est ce qui sépare la taxe du prix d’un service ordinaire.
Taxe, impôt et redevance : le critère de la contrepartie
La question à poser est toujours la même : qu’obtient le contribuable en échange, et son paiement est-il proportionné à ce qu’il reçoit ? La redevance est le seul des trois prélèvements où la réponse est directe.
| Prélèvement | Contrepartie | Qui paie | Lien avec le montant |
|---|---|---|---|
| Impôt | Aucune contrepartie directe | Tous les contribuables concernés | Aucun lien avec un service |
| Taxe | Service public rendu ou disponible | Les bénéficiaires potentiels du service | Montant sans équivalence avec le coût du service |
| Redevance | Service réellement utilisé | L’usager seul | Montant lié à l’usage |
La redevance est le prix d’un service : celui qui ne s’en sert pas ne la paie pas. Les cotisations sociales forment une catégorie à part, car elles ouvrent des droits (retraite, assurance maladie) à ceux qui les versent.

Impôts directs et impôts indirects : les familles de prélèvements en France
Un impôt direct est payé par la personne qui le supporte réellement. L’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés et la taxe foncière en font partie : le contribuable reçoit un avis et règle lui-même la somme.
Un impôt indirect est inclus dans un prix. La TVA et les droits sur certains produits sont payés par le consommateur à chaque achat, puis reversés à l’État par le commerçant. Pour comparer avec un autre pays, l’article sur la fiscalité canadienne montre une répartition différente des prélèvements.
Taxe foncière, TVA, ordures ménagères : quand le nom trompe
Le vocabulaire fiscal est trompeur, car des impôts portent le nom de taxe. La taxe foncière et la taxe d’habitation sont des impôts directs locaux : aucun service précis n’y correspond, malgré leur nom. La TVA, de même, est un impôt, appelé « taxe » depuis son origine.
La taxe d’habitation sur les résidences principales est supprimée depuis le 1er janvier 2023, d’après service-public.fr. Elle est maintenue sur les résidences secondaires, avec un montant qui dépend de la valeur locative cadastrale du bien et du taux de la commune. Les modalités sont détaillées dans l’article sur le calcul de la taxe d’habitation d’une résidence secondaire.
Pour les ordures ménagères, deux régimes existent. La taxe (TEOM) est calculée à partir de la valeur locative du logement, comme la taxe foncière, et ne dépend pas de la quantité de déchets produite. La redevance (REOM) dépend de l’usage du service, ce qui la rapproche d’un vrai prix.

Impôts et taxes d’une entreprise : ce que la distinction change
La distinction a des effets concrets sur qui décide et sur qui paie. Le Parlement vote les impôts de l’État, tandis que les collectivités fixent le taux de leurs taxes locales dans les limites de la loi.
Une entreprise est concernée par plusieurs prélèvements : l’impôt sur les sociétés sur ses bénéfices, la cotisation foncière des entreprises, et la TVA qu’elle collecte pour le compte de l’État sans la supporter. Les particuliers peuvent aussi réduire leurs impôts grâce à certaines dépenses, comme le détaille l’article sur les frais de scolarité déductibles des impôts.
Pour savoir à quelle catégorie appartient un prélèvement, il faut regarder la contrepartie plutôt que son intitulé : un avis de taxe peut être un impôt, et seule la redevance suit l’usage réel du service.

